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RGPD et fichier de réservations : vos devoirs
Information des clients, durée de conservation, droits d'accès et d'effacement : voici ce que le RGPD vous demande pour votre fichier de réservations de restaurant.
Équipe Resatop · Éditeur de Resatop · 2 octobre 2026 · 9 min de lecture

Ce que le RGPD demande à un restaurant qui prend des réservations
Oui, votre fichier de réservations est soumis au RGPD. Dès que vous notez un nom, un téléphone ou un email, vous traitez des données personnelles. Vous devez alors collecter uniquement le nécessaire, informer vos clients, fixer une durée de conservation, sécuriser le fichier et répondre à leurs demandes. Comme le rappelle Comptaresto, le règlement s'impose aux restaurants dès qu'ils collectent des coordonnées ou prennent des réservations en ligne.
Le support n'y change rien. Un carnet papier, un tableur, un agenda de salle sur tablette ou un fichier clients dans un logiciel sont tous concernés. Ce qui compte, c'est ce que vous faites des informations. Vous êtes le « responsable de traitement » : c'est vous qui décidez pourquoi vous collectez ces données et combien de temps vous les gardez.
Un fichier de réservations sert normalement à une seule chose : honorer la table du client. Dès que vous voulez en faire autre chose, comme envoyer une offre ou une newsletter, vous changez de finalité. Ce changement a des conséquences que nous détaillons plus bas.
Quatre devoirs structurent l'ensemble :
- Informer le client au moment où vous recueillez ses données.
- Limiter la collecte et la durée de conservation.
- Respecter ses droits sur ses données.
- Protéger le fichier, y compris contre vos propres erreurs d'organisation.
Informer vos clients au moment de la réservation
L'information doit arriver avant ou pendant la collecte, pas après. Un client qui réserve par téléphone, sur votre site ou au comptoir doit pouvoir savoir qui détient ses données, pourquoi, combien de temps et comment exercer ses droits.
Concrètement, votre notice d'information doit indiquer :
- l'identité du restaurant et un moyen de le contacter pour les questions de données ;
- la finalité : gérer la réservation et vous permettre de joindre le client en cas de changement ;
- la durée de conservation ;
- les droits du client (accès, rectification, effacement, opposition) ;
- les éventuels destinataires, par exemple votre prestataire de réservation.
Le format dépend du canal. En ligne, placez un lien vers cette notice à côté de votre page de réservation ou du widget intégré à votre site. Par téléphone, une phrase courte suffit : « Je note votre nom et votre numéro pour la réservation ; vous pouvez nous demander de les supprimer à tout moment. » Un petit affichage à l'accueil complète le dispositif pour le comptoir.

Pensez aussi à ce que vous écrivez dans les notes. Les mentions utiles au service (anniversaire, chaise haute, accès réduit) se justifient. Une allergie peut relever des données de santé, plus protégées : ne la consignez que si le client la signale pour son repas, et ne la gardez pas au-delà du besoin. Les commentaires subjectifs sur le client n'ont rien à faire dans un fichier : un client peut demander à voir ce que vous avez écrit sur lui.
Fixer la durée de conservation
Le RGPD n'impose pas une durée unique, mais il interdit de garder indéfiniment. Il faut définir une durée cohérente avec votre finalité et vous y tenir. Pour un fichier clients, Vite un Étable rapporte la recommandation de la CNIL : conserver les données pendant la relation commerciale, puis trois ans après le dernier contact.
Dans un restaurant, cette logique s'applique ainsi :
- Réservation ponctuelle d'un client inconnu : une fois le repas passé, rien ne justifie de garder la fiche très longtemps. Prévoyez une purge régulière.
- Client qui revient : sa fiche peut rester tant que la relation continue, avec la limite de trois ans après le dernier contact.
- Client qui s'est opposé ou a demandé l'effacement : suppression sans attendre, sauf obligation légale de conserver.
Le plus simple est de fixer un rythme de nettoyage, par exemple un passage trimestriel dans le fichier, noté dans votre organisation. Un fichier qui grossit sans jamais être trié devient un risque : plus il contient de données anciennes, plus une fuite ou une demande de suppression est difficile à traiter.

Les carnets papier posent le même problème, en plus visible. Si vous en gardez des années dans un tiroir, ils relèvent de la même règle. Notre article sur le carnet de réservations pendant le service rappelle comment le tenir proprement au quotidien : de bonnes habitudes de saisie facilitent aussi le tri ensuite.
Répondre aux droits des clients
Un client peut vous demander ce que vous avez sur lui, faire corriger une erreur, demander l'effacement de sa fiche ou s'opposer à l'utilisation de ses données, notamment pour la prospection. Ces demandes arrivent rarement, mais elles arrivent, souvent par email ou à l'accueil. Mieux vaut savoir quoi faire avant la première.
Quelques réflexes suffisent :
- Désigner une personne qui reçoit ces demandes, avec une adresse email dédiée ou claire.
- Vérifier l'identité du demandeur avant de communiquer quoi que ce soit : ne donnez pas les coordonnées d'un client à un tiers qui prétend être lui.
- Répondre dans le délai, en principe un mois, même pour dire que vous avez supprimé la fiche.
- Chercher partout : agenda, fichier clients, tableurs, carnets papier, boîte mail. Une suppression partielle ne règle rien.
- Garder une trace de la demande et de votre réponse, sans conserver les données effacées.
Sur la prospection, soyez rigoureux. Un client qui a donné son email pour réserver n'a pas pour autant accepté de recevoir votre newsletter. Alimenter une base d'envoi avec tous les emails de réservation est précisément une erreur que relève l'UMIH Formation dans sa checklist pour les professionnels de l'hôtellerie-restauration. Si vous voulez écrire à vos clients pour autre chose que leur réservation, informez-les clairement et proposez-leur un choix simple, avec un moyen de se désinscrire à chaque envoi.
Les emails que Resatop envoie autour d'une réservation (confirmation, modification, annulation par lien, relance) concernent cette réservation précise. Ce n'est pas la même chose qu'une campagne promotionnelle, qui demande son propre cadre.
Protéger le fichier et former l'équipe
Le RGPD vous demande des mesures de sécurité proportionnées. France Num insiste sur la protection des données clients contre les intrusions de pirates informatiques. Mais dans un restaurant, les fuites viennent souvent de gestes ordinaires : la même checklist de l'UMIH cite un fichier Excel « clients » laissé sur un poste partagé, sans mot de passe.
Les mesures de base :
- un mot de passe individuel pour chaque personne qui accède au fichier, jamais un compte commun affiché en cuisine ;
- des accès limités à ceux qui en ont besoin : le responsable de salle n'a pas les mêmes besoins que le plongeur ;
- le retrait des accès quand quelqu'un quitte l'équipe ;
- l'écran de la tablette verrouillé quand elle n'est pas utilisée ;
- les exports et fichiers téléchargés rangés, puis supprimés quand ils ne servent plus ;
- un carnet papier rangé hors de portée du public.
Le facteur humain compte autant que la technique. Comme le souligne Zelty, les employés qui manipulent les réservations ou les fichiers clients doivent comprendre les enjeux de la protection des données. Un court point en réunion d'équipe, quelques règles écrites et un exemple concret (ne pas photographier le carnet pour l'envoyer sur une messagerie personnelle) suffisent souvent.
Enfin, ne cédez pas votre fichier. La CNIL encadre précisément la vente de fichiers clients, et vos clients ne vous ont pas confié leurs coordonnées pour qu'elles circulent. Pour une cession ou un rachat d'établissement, renseignez-vous avant de transmettre quoi que ce soit.
Tableau de critères pour contrôler votre fichier
Ce tableau vous sert de grille de contrôle rapide. Parcourez-le une fois par trimestre, ou avant d'ouvrir un nouvel outil de réservation. Une réponse « non » à l'une des lignes indique un point à corriger en priorité.
| Critère | Ce qu'il faut vérifier | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Données collectées | Nom, contact, date, nombre de couverts, besoins utiles au service | Noter des commentaires subjectifs ou des informations sans rapport avec la table |
| Information | Notice accessible près du widget ou de la page de réservation, phrase à l'oral au téléphone | Aucune information, ou notice introuvable |
| Finalité | Le fichier sert à gérer la réservation | Utiliser tous les emails de réservation pour une newsletter |
| Durée | Durée définie, purge régulière, trois ans après le dernier contact au maximum pour un client | Garder tout, sans date de fin |
| Droits | Personne et adresse identifiées, réponse sous un mois | Demande perdue dans une boîte mail partagée |
| Accès | Mots de passe individuels, accès selon le poste | Fichier sur un poste partagé sans mot de passe |
| Équipe | Règles expliquées, accès retirés au départ | Aucune consigne donnée aux extras ni aux nouveaux |
| Cession | Aucune vente ni transmission du fichier à des tiers | Donner la liste à un partenaire « pour une opération commune » |
FAQ
Faut-il demander le consentement du client pour noter sa réservation ?
Non, pas pour la réservation elle-même. Vous avez besoin de ses coordonnées pour honorer la table et le prévenir en cas de changement, ce qui justifie la collecte sans consentement séparé. Vous devez en revanche l'informer. Le consentement devient nécessaire dès que vous voulez utiliser ses données pour autre chose, comme l'envoi d'offres promotionnelles par email.
Combien de temps puis-je garder un client dans mon fichier ?
Pas indéfiniment. Pour un fichier clients, la recommandation de la CNIL rapportée par Vite un Étable est de conserver les données pendant la relation commerciale, puis trois ans après le dernier contact. Pour un client qui n'est venu qu'une fois, une purge plus rapide est cohérente. L'essentiel est d'avoir fixé une durée et de la respecter.
Un client me demande de supprimer sa fiche : dois-je obéir ?
En principe oui, sauf si une obligation légale vous impose de conserver certaines informations. Vérifiez son identité, supprimez la fiche partout où elle apparaît (agenda, fichier clients, tableurs, papier), puis confirmez-lui l'effacement dans un délai d'un mois. Conservez seulement une trace de la demande, pas les données effacées.
Puis-je utiliser mes réservations pour envoyer une newsletter ?
Pas automatiquement. L'email donné pour réserver sert à la réservation. Pour de la communication commerciale, informez le client, recueillez son accord quand il est requis et proposez un désabonnement simple à chaque envoi. Verser tous les emails de réservation dans une base d'envoi est l'erreur typique à éviter.
Puis-je céder ou vendre mon fichier clients en cas de revente du restaurant ?
Cela s'encadre strictement. La CNIL a publié un rappel des règles sur la vente de fichiers clients : vous ne pouvez pas transmettre n'importe quoi à n'importe qui. Avant toute cession, vérifiez quelles données peuvent être transmises, informez les personnes concernées et prenez conseil auprès d'un professionnel du droit.
Mon outil de réservation me dispense-t-il de ces obligations ?
Non. Un logiciel peut faciliter la tenue du fichier, mais c'est vous, restaurateur, qui décidez de la finalité, de la durée et de la façon de répondre aux clients. Choisissez un outil dont vous comprenez le fonctionnement, et gardez la maîtrise de vos données, par exemple en pouvant les exporter.
Conclusion
Un fichier de réservations conforme n'a rien de compliqué : peu de données, une information claire au moment de la collecte, une durée fixée, des droits respectés et un accès protégé. Les écarts viennent presque toujours d'habitudes installées : le tableur partagé, l'email recyclé en newsletter, le carnet qui s'empile.
Pour avancer cette semaine, rédigez votre notice d'information en cinq lignes, désignez la personne qui reçoit les demandes, fixez votre rythme de purge et vérifiez qui a accès au fichier. Si vous cherchez un outil pour centraliser vos réservations, Resatop propose un agenda de salle sur tablette, une page de réservation, un widget pour votre site, un fichier clients et un export, avec un essai de 14 jours sans carte. Vous pouvez le découvrir sur resatop.com.
Information générale, pas un conseil juridique.
Information générale, pas un conseil juridique. Les textes changent : vérifiez la source officielle citée et la date de l’article.
Sources
Resatop est édité par LXD Corp, en France. Ces guides décrivent le cadre du métier et uniquement ce que le logiciel fait aujourd’hui.
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